Chris Bach Workshop #15 – GS/GSA LC – La rouille commence toujours par un petit détail

Lorsque l’on parle d’entretien, les discussions tournent généralement autour des vidanges, du jeu aux soupapes, du cardan, des freins, du diagnostic électronique, des réglages de suspension ou des systèmes électroniques.

Pourtant, l’un des problèmes les plus courants sur les BMW GS et GSA n’a rien à voir avec les performances du moteur.

Il s’agit de la corrosion.

Le problème, c’est que la corrosion commence rarement par quelque chose de spectaculaire.

Elle commence par une petite tête de vis rouillée.

Un support légèrement oxydé.

Une béquille centrale qui commence à se piquer.

Un rayon qui perd son éclat.

Une fixation de crash-bar qui ne semble plus tout à fait normale.

La plupart des motards voient ces signes et pensent simplement :

« Ce n’est qu’un problème esthétique. »

Parfois, ils ont raison.

Parfois, ils ont tort.

La rouille n’est souvent pas le problème lui-même.

C’est un signal d’alerte.

Elle indique que l’humidité a trouvé son chemin jusqu’à une zone donnée et qu’elle y est restée suffisamment longtemps pour commencer à attaquer le métal.

Cette humidité peut provenir :

  • de la pluie
  • du sel de déneigement
  • de l’air marin
  • d’une utilisation hivernale
  • de la boue accumulée dans des zones cachées
  • d’un mauvais séchage après lavage
  • d’un stationnement prolongé à l’extérieur
  • d’un climat humide

La rouille visible n’est souvent que la partie émergée de l’iceberg.

La véritable inquiétude se situe souvent juste en dessous ou à proximité.

De nombreux propriétaires se concentrent uniquement sur les carénages et les surfaces peintes, en oubliant la quincaillerie qui maintient réellement la moto assemblée.

Parmi les zones les plus fréquemment touchées :

  • têtes de vis
  • vis Torx
  • fixations de crash-bars
  • éléments de béquille centrale
  • éléments de béquille latérale
  • supports de valises
  • supports d’échappement
  • fixations moteur
  • rayons
  • zones autour des soudures
  • parties du cadre exposées aux projections
  • composants situés sous la moto

Ces zones reçoivent souvent peu d’attention jusqu’au jour où une opération d’entretien devient compliquée.

Une corrosion légère peut rapidement entraîner :

  • des vis grippées
  • des empreintes Torx détériorées
  • des boulons cassés lors du démontage
  • des filetages endommagés
  • davantage de temps de main-d’œuvre
  • des coûts de réparation inutiles

De nombreuses réparations coûteuses commencent avec une simple vis qui aurait dû se démonter facilement.

Au lieu de cela, le mécanicien découvre un élément complètement soudé par la corrosion.

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à simplement repeindre par-dessus la corrosion.

Cela ne résout généralement rien.

La méthode correcte consiste à :

  1. Nettoyer la zone concernée.
  2. Retirer la corrosion et la peinture détériorée.
  3. Traiter correctement la corrosion.
  4. Protéger le métal exposé.
  5. Repeindre si nécessaire.
  6. Appliquer ensuite une protection durable adaptée.

Sauter certaines étapes revient souvent à voir la corrosion réapparaître.

Parfois plus rapidement qu’avant.

La bonne nouvelle, c’est que prévenir la corrosion est généralement beaucoup plus facile que la réparer.

Une simple inspection après :

  • un lavage
  • une sortie sous une forte pluie
  • une route salée
  • un long voyage
  • une sortie tout-terrain

permet souvent d’identifier les problèmes avant qu’ils ne deviennent sérieux.

Quelques minutes passées à inspecter la moto peuvent éviter plusieurs heures de travail plus tard.

L’une des plus grandes surprises lors d’un entretien est de découvrir de la corrosion dans des endroits quasiment invisibles au quotidien.

Ces zones cachées retiennent souvent l’humidité bien plus longtemps que les surfaces exposées.

Comme elles ne sont jamais inspectées, elles sont souvent ignorées jusqu’à ce qu’un gros entretien nécessite un démontage.

À ce moment-là, les dégâts peuvent déjà être avancés.

Sur une GS/GSA, certaines des zones les plus importantes à surveiller sont précisément celles auxquelles les propriétaires ne pensent jamais.

Vous souhaitez aller plus loin ?

Cet article ne fait qu’effleurer le sujet.

La prévention de la corrosion fait partie de ces domaines où quelques bonnes habitudes peuvent permettre d’économiser beaucoup d’argent, de temps et de frustration au fil des années.

C’est précisément pour cette raison que je prépare actuellement une annexe complète consacrée à la prévention et au traitement de la corrosion pour le Guide d’Entretien GS/GSA LC.

Cette annexe comprendra :

  • des procédures d’inspection pas à pas
  • les zones cachées les plus exposées à la corrosion
  • les points de contrôle du cadre et du châssis
  • les produits ayant démontré les meilleurs résultats selon l’objectif recherché
  • les méthodes de traitement de la rouille
  • les techniques de préparation avant peinture
  • les stratégies de protection longue durée
  • la protection des zones cachées
  • la protection de la visserie et de la quincaillerie
  • la protection des motos stationnées à l’extérieur
  • la protection après pluie, boue, hiver ou environnement marin
  • les erreurs les plus fréquentes qui aggravent la corrosion au lieu de la résoudre

L’objectif est simple :

Aider les propriétaires à conserver leur GS/GSA en excellent état, à faciliter les opérations d’entretien futures et à préserver leur moto pendant de nombreuses années.

Comme pour toutes les annexes du guide, l’approche sera avant tout pratique, basée sur des méthodes d’atelier simples et réalistes que chaque propriétaire pourra appliquer lui-même.

Car lorsqu’il s’agit de corrosion, il est toujours plus simple, moins coûteux et moins frustrant de prévenir que de réparer.

Et comme pour beaucoup de sujets d’entretien, le meilleur moment pour agir n’est pas lorsque la corrosion est devenue un problème. C’est lorsqu’elle n’est encore qu’un simple détail